[VS3] Les ragots

« La femme est la meilleure amie et la pire ennemie de l’homme

Sa meilleure amie lorsqu’elle l’exhorte à développer ce qu’il a de plus

noble en lui, sa pire ennemie lorsqu’elle le pousse à se vautrer dans

ses bas instincts.

Sa meilleure amie lorsqu’elle lui donne des forces,

Sa pire ennemie lorsqu’elle lui vole son énergie.

Sa meilleure amie lorsqu’elle l’aime avec sincérité,

sa pire ennemie lorsqu’elle s’aime à travers lui.

Demandes-toi,

O toi qui t’exerces à l’art difficile de la survie,

Si la femme que tu tiens dans tes bras est

Ton amie ou ton ennemie. »



L'air miné par l’exaspération, une petite boule de poil se rendait vers l’académie de Novograd.



Cela faisait deux bonnes heures que le jeune Gibberling, Yandou, se répétait
inlassablement cette douzaine de vers comme l’aurait fait un croyant en
triturant les perles en bois de son chapelet.


Certes, lui était étranger à cette conception
anthropologique de la femelle, compte tenu de son appartenance aux races
canidée et félidée, mais pour autant qu’il sache, la vision qu’en avait
l’auteur défunt (sûrement humain de par les termes qu’il usait) était
applicable au règne vivant dans son ensemble

Qu’on parle d’arachnides, en particulier de la veuve noire, connue pour dévorer son mari après qu’il l’eût fécondé, ou même de mantes religieuse, bien connue pour son violent cannibalisme (Pendant
l'accouplement il n'est pas rare qu'elle arrache puis qu'elle mâchouille la
tête de son partenaire), la nature a fait de la femme la moitié de l’homme. Mais il arrive bien souvent qu'elle soit très différente de la moitié que l'on souhaiterai...



Ruminant cette pensée, il écoutait la petite voix stridente et exténuante de Shaya, une de ses camarades de classe. C’était une amie. Enfin, jusqu’à ce qu’elle
commence à ragoter avec une verve digne
d’une commère sur les comportements de tel ou tel étudiant de leur classe.



La survie! C’était ça! Comment supporter cette voix qui minaudait et s’acharnait avec une passion sans limite et une acidité à en faire fondre le meilleur acier de Sarnault sur ses compagnons d’école?



Il avait d’abord suggérer en son for intérieur la solution de la mante religieuse. Sans accouplement cependant! (et puis, de toute façon, c’était pas un canon, juste une amie)



Puis l’idée d’un roi du silence… mais ça, c’est bon que pour les plus jeunes.



Enfin, s’était présenté à lui, comme une éclaircie à travers les ténèbres de sa déprime, une issue éclatante et à la fois méphistophélique.



Il décida d’entrer dans son jeu.



Savourant les premières piques lancées à l’encontre des personne que Shaya avait commencé à démolir, il bondissait d’académicien en académicien, enchaînant avec une
virtuosité inouï les pires monstruosités sur eux.



Puis s’adonnant à la plus médisante des disciplines, que maîtrisait par ailleurs très bien Shaya, il entreprit de lancer à celle-ci des rumeurs sur le compte de l’un ou l’autre, et ce, durant les vingt minutes du
trajet jusqu’à l’établissement d’étude. Peu à peu déstabilisée par la soudaine
méchanceté gratuite de son ami, elle pâlit de stupeur puis semblant se rendre
compte du jeu auquel jouait le jeune gibberling, lui présenta ses
excuses :



« Bon, ça va ! j’ai compris ton petit jeu… Désolé mais c’est un truc de fille de parler sur le dos des autres. Y’a rien de méchant là dedans, c’est juste parce qu’on est comme ça ! Enfin, bref
excuses moi, j’ai cours. A ce midi ! »



La regardant partir, trottinant sur ses petites pattes, le sourire du gibberling s’élargissait à mesure que la femelle s’éloignait.



« Bah voilà ! Pas compliqué de lui boucler le clapet à cette vipère ! C’est quand elles sont silencieuses qu’on apprécie la compagnie de ces dames ! »



Puis d’un pas jovial il rejoignit son cours de magie.



Quelques heures plus tard, la cour centrale ou se détendaient les étudiants résonnaient de ces mots :



« Alors ! à ce qui paraît, tu as eu un 0 en cours de monstrologie ! Hahaha ! C’est l’ami de Shaya qui l’a dit !»



ou même



« Quoi ! Tu m’as trompé avec cette fille ! Tout le monde est au courant sauf moi ! Même Shaya, qui l’a su par Yandou ! »




A la sortie des cours, Yandou ne vit pas Shaya, alors qu’ils faisaient régulièrement le chemin ensemble.



En bas des marches de son école attendaient une cinquantaine d’étudiant armés de leurs gourdins et baguettes

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