[VS2] Au service de l'Empire.

"Tous les coups sont permis, y compris les coups bas - surtout les coups bas.
Les versets de la survie ne s'adressent pas aux coeurs épris de noblesse et d'éthique.
Que ceux-là se tournent vers les religions traditionnelles,
se soumettent à un quelconque maître
ou franchissent la porte qui mène dans les mondes de l'au-delà..."


Archipel des Iles Sauvages. Minuit.

Deux orcs, en faction devant l'entrée d'un campement fortifié du Clan des Voyous, jouent aux osselets.
Alors qu'ils semblent absorbés par leur jeu, une détonation se produit à une dizaine de mètres à peine de leur poste, les faisant sursauter.

"Hu !? On est attaqué ! Aux Armes !
- Du calme Murz ! Ça doit encore être un coup de ces crétins Ek'Arlat..."

Prudemment, les deux orcs se saisissent de leur hache et s'approchent de l'endroit où s'élève un nuage de poussière et de sable. Entendant pendant un bref moment le son d'un incantation, les orcs resserrent leur étreinte autour de leur arme, prêts à bondir sur la menace, une fois celle-ci visible. L'incantation s'interrompt alors. Pendant quelques dizaines de seconde, les orcs n'osent bouger, attendant patiemment d'avoir une meilleur visibilité. Enfin, le nuage finit par se dissiper, laissant place à un arisen s'époussetant et marmonnant devant les yeux incrédules des deux gardes.

"Foutue sphère June ! Un moyen de transport sûr, 100% fiable, et discret qu'ils disaient... Pour la fiabilité et la discrétion, je pourrais repasser ! J'ai de la chance d'être encore en un seul morceau !"

Eskarioth leva les yeux, comme s'il venait juste de s'apercevoir de la présence des deux orcs médusés.
Essayant de se redonner un semblant de consistance, il s'adressa à eux :

"Bonsoir, soldats.
J'ai un message pour votre chef.
Serait-il possible de me mener jusqu'à lui ?..."

L'un des orcs chuchota à l'autre :
"Tu crois que les Ek'Arlat emploieraient un Zem pour nous tendre un piège ?..."
Le second inclina la tête sur le côté en grimaçant, comme si prendre une décision dans cette situation lui semblait pénible. "Bon... Tu bouges pas d'là, le Zem. Je vais en parler au boss. Mais hors de question qu'tu mettes les pieds dans not'camp !"

Regardant l'un des orcs s'éloigner, l'Arisen esquissa un petit sourire en coin. Alors que le deuxième orc le toisait, surveillant le moindre de ses gestes, Eskarioth sortit une tablette qu'il consulta pendant quelques minutes. Voyant l'autre garde revenir avec un orc très massif, le sorcier remballa l'objet de sa lecture.

Celui qui semblait être le chef apostropha le visiteur :
"Je suis là, Zem. Qu'as-tu à me dire ?... Et je te préviens, si tu m'as fait déplacer pour rien, tu as beau être plus grand que la moyenne de ton espèce, je te briserais le cou comme une brindille avec cette main là !" Joignant le geste à la parole, l'orc serra son poing droit.

Eskarioth fixa le meneur orc sans dire un moment, puis toujours silencieux, commença à se pencher d'un côté, puis de l'autre.

La brute orc commença à s'impatienter :
"Qu'est-ce qu'il y a, Zem ? tu as un problème avec tes prothèses ? Tu as du mal à tenir debout ?"
La remarque fut suivi d'un rire gras des deux gardes postés juste derrière.
Ricanement qui s'interrompit lorsque l'Arisen prit la parole :
"Du tout. J'observais juste tes oreilles, l'ami. C'est donc vrai ce qui se dit. Des oreilles aussi pointues pour un orc, c'est pas naturel. Ta mère a de toute évidence couché avec un elfe pour te donner naissance."

Le beuglement furieux - prévisible - ne se fit pas attendre.
"QUOI ? Raclure de Zem... Il n'y a pas que tes articulations qui sont moisies. Ton cerveau aussi ! Tant pis pour le message, je vais t'étriper d'une telle manière que même les réanimateurs impériaux ne pourront pas faire un zombie correct avec tes restes !!!" Les yeux injectés de sang, l'Orc écumant de rage se rua sur l'Arisen.

Avant que les deux gardes aient pu comprendre ce qui se passait, une violente explosion se produisit, suivi d'un embrasement des environs. "Chef ! Chef !!!" Les deux gardes étaient alarmés, mais pas au point de se jeter dans les flammes pour aller secourir leur meneur. Agonisant, étendu au milieu de la fournaise, l'orc vit impuissant l'Arisen s'approcher de lui.

"Pourriture de Zem... Vous n'avez... aucun honneur..."

Un craquement se fit entendre, suivi d'un gémissement de douleur : Le sorcier venait d'écraser, à l'aide de son pied droit, la main avec laquelle l'orc l'avait menacé quelques instants plus tôt. Eskarioth reprit la parole :

"Honneur ? De quoi parles-tu, l'orc ?
Oui, j'ai piégé la zone aussitôt arrivé sur ton territoire.
Oui, j'étais également certain que tu préférerais sortir plutôt que de laisser un étranger voir la répartition des défenses au sein de ton campement.

Tu t'es arrogé le droit de décider lesquels de tes hommes seraient enrôlés dans l'armée impériale.
Qui t'a permis de défier les décrets impériaux ?!
Notre "bien aimé" Yasker lui même prône le dicton "La Fin justifie les Moyens" !
Du moment que le problème est résolu, n'importe quel moyen est jugé comme acceptable pour y parvenir !
L'honneur n'a pas sa place ici ! Alors, l'orc ?! Heureux de mourrir pour le bien de l'Empire ? Réponds !!!"

Eskarioth s'était mis à donner des coups de pied dans la tête de l'orc, désormais inconscient. Peut-être était-il déjà mort. Mais il continuait à s'acharner dessus. L'Arisen finit par se passer une main devant le visage. De mémoire, il ne s'était jamais emporté ainsi. Pas plus qu'il n'avait jusqu'ici achever un adversaire à terre. Cette rage dont il venait de faire preuve, il l'avait passé sur cet orc. Pourtant, ce n'était pas lui qui l'avait réellement déclenché. Il n'avait été que l'exutoire d'une colère grandissante refoulée jusqu'à maintenant. Une colère générée par la politique impériale menée aujourd'hui, par les méthodes du révéré Yasker. L'ironie du sort voulait que l'orc ait raison : A quoi bon se battre pour l'Empire, si l'on devait y perdre notre fierté et notre honneur ?...

Palpant presque instinctivement la tablette qu'il transportait dans une sacoche à son flanc, le sorcier se souvint soudain d'un passage qu'il avait lu la veille, dans le premier verset : "... Elles t'entraîneront dans les recoins les plus noirs de ton âme, là où tu rencontreras tes pires adversaires, là où tu puiseras la force de survivre dans ta haine et ton dégoût de toi-même."

Les flammes s'étaient presque éteintes, laissant des trainées de cendres aux alentours. Les deux gardes avaient préféré retourner à l'abri derrière les palissades du camp fortifié, ne demandant pas leur reste. Peut-être même étaient-ils en train de donner l'alarme. Eskarioth inspira une grande bouffée d'air frais nocturne pour chasser les sombres pensées de son esprit, avant de reprendre le chemin vers le téléporteur June le plus proche. Reprenant son flegme habituel, il se murmura à lui-même :

"Bien.
Comme convenu en cas de succès de la mission,
les recrutements pourront reprendre dès demain dans cette partie de l'Archipel..."

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