[VS6] Tant que l'integrité survit.

J’étais de ces hommes qui vivent dans l’ombre d’un monarque. Servile laquais, otage d’un tyran sans foi ni loi, Jacques du roi et flatteur de bon aloi.

Mon activité était simple; proposer à ce majestueux ventre sur pattes des solutions à ses problèmes.
Point ne fallait compter sur une controverse au sein du milieu mondain intellectuel, trop peureux pour contester les actes d’un souverain tout puissant.

C’est donc moi qui modérais ce tempérament égoïste en trouvant dans la majeure partie des cas une parade favorable au peuple aux propositions de cet homme qui bâfrait mieux qu’il ne pensait.

Vint un jour cependant ou celui-ci fut atteint par un mal connu de tous, mais soigné par personne. Seuls certains prêtres, croyant en une possession par un démon astral, voyaient dans cette « maladie » un espoir de guérison.

Ce fut son fils qui prit place sur le trône en « digne et populaire » héritier à la mort du possédé père…

Il garda en mémoire du règne de son père, les mêmes conseillers.

Mais bien que l’on ait pu jouer avec le précédent monarque et ainsi doser ses décisions pour ne pas léser le peuple, son fils lui était doté d’une grande intelligence même plus…

C’était un véritable génie maléfique.

Il était inutile de le raisonner et voyait dans chacune de nos manœuvres pour détourner ses prises de position, un acte de rébellion.

La surprise fit place dans un premier temps à la colère et nombre de ses ministres démissionnèrent, rageant contre la politique uni directionnelle qu’il pratiquait en faveur de son propre bien être.

Supplices inhumains, pratiques monstrueuses autant physiques que psychologiques.

Et comme à l’habitude dans de telles circonstances se dessinaient deux camps : les peureux soumis, et les courageux morts.

Car il ne fallait pas se leurrer. Quiconque osait défier par des remarques déplacées ou contredire un choix du jeune roi devenait l’objet de jeux sadiques.

Parmi ceux-ci, je citerai quelques variantes, telles que la chambre noire aux hurlements (des personnes étaient enfermées dans une pièce noire et un serviteur jouait de son épée au hasard dans l’obscurité, pendant que le sombre prince derrière un judas observait la scène.) ou la corde aux échardes (filin extrêmement tranchant, tendu 6 mètres au dessus d’un bac de pieux tendus vers le ciel, et dont le dernier accroché avait le droit de survivre s’il acceptait de se faire coudre les yeux et les lèvres et trancher les mains et la langue, pour ne pas révéler au peuple le sort qui avait été offert à ses compagnons.)

Je faisais parti des couards, mais à ma façon. J’acquiesçai avec sans cesse plus de difficultés aux réclamations de ce monstre et mon intégrité hurlait aux tréfonds de ma conscience. Mais il fallait attendre… gagner la confiance de cette chiure de belzebuth.

Et je gardais secrètement le désir d’un jour pouvoir venger ces crétins de rebelles que j’admirai tant et qui auraient mieux fait de comploter en silence pour gagner les faveurs du souverain.

Et je patientai, lutant avec une volonté surhumaine contre le suicide, la plus belle alternative face aux tourments que je supportais sans broncher. Je savais au fond de mon mois que ça serait la récompense qui m’attendrait après avoir supprimé l’objet de ma haine viscérale.

Un matin, le lendemain de ma promotion en tant qu’homme de main du monarque, on me retrouva pendu. J’avais fuis cette terrible vie et le suicide était nécessaire à la survie de mon amour propre. Parfois la survie n’est pas seulement physique.

La nuit précédant ma mort avait été éclaboussée par la pourpre liquide tachant les draps d’un roi démoniaque.

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